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L’économie à l'ère de l'écologie

  • by L.G.
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  • 15 Feb 2012
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Si les animaux, les plantes, ou les insectes pouvaient parler, qu’auraient-ils à nous dire, de quoi nous entretiendraient-ils ? D’économie et de biomimétisme, bien entendu ! C’est ainsi qu’au cours d’une promenade en forêt au détour d’un chemin, l’auteur – ou plutôt le modeste rapporteur – de ce petit ouvrage fort instructif fait une rencontre inopinée : un Cerambix cerdo. Ce coléoptère, également appelé Grand capricorne, non seulement se trouve doué de parole mais se pique d’économie et entend donner une leçon de (sur)vie aux hommes dont voici quelques éléments de démonstration.

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© Wildproject Editions

Après avoir passé des milliers d’années à vouloir maîtriser la nature, l’asservir même, pour qu’elle réponde à ses besoins, l’homme, croyant bien faire et rêvant à un monde meilleur a “cru devoir éliminer le hasard, ce moteur du vivant”, dit l’insecte. Sapant sans le savoir, ou vouloir le reconnaître tout à fait, les bases de son bien être, il l’a mis en danger. Se peut-il alors que ses rêves se transforment bientôt en cauchemar ? En vérité, s’il ne se décide pas à réévaluer objectivement son modèle, il court à la catastrophe. Certes, mais que faire ? Regardez-donc autour de vous, enjoint le cerambyx credo ! La nature est riche de modèles qui fonctionnent parfaitement et qui sont le plus souvent efficaces en termes économiques, de coûts ou de consommation d’énergie. Prenez les termitières et leur système de climatisation qui tire parti de la circulation des masses d’air chaud et froid, n’est-ce pas moins énergivore et moins couteux qu’un système électrique souvent peu efficace ? Observez les abeilles, la carapace des coléoptères constituée d’un polymère solide, respirant, étanche, coloré ! Dans ce registre justement, pourquoi utilisons-nous près de 350 polymères lorsque la nature en utilise seulement 5 pour l’ensemble de ses besoins ? Et pourquoi donc multiplier les risques de pénurie, de toxicité, et de problèmes de recyclage ? “Plutôt que de multiplier les substances et matériaux, la nature mise sur leur structure et leur agencement.” Nous aurions tout intérêt à nous en inspirer et ce quel que soit l’échelle.

Après cet exposé pédagogique et clair sur le biomimétisme, il importe, toujours selon notre ami le coléoptère, décidément très en verve, de repenser le système dans son ensemble et agir en particulier contre trois fléaux : l’obsolescence programmée, l’économie linéaire productrice de déchets et peu soucieuse de l’approvisionnement en matière première, la sous-évaluation des externalités (pollution, détérioration du climat, etc). Une fois ces problèmes posés, il s’agit de soumettre “en pâture à notre sagacité” diverses propositions concrètes : la mise en œuvre des principes “cradle to cradle”, de l’économie circulaire, de l’économie de la fonctionnalité, le tout saupoudré de mesures incitatives telles que “l’inversion des régulations” fiscales permettant d’alléger le coût du travail en contrepartie d’une hausse du coût de l’énergie et des ressources naturelles.

En somme, résume l’auteur de ces pages : “C’est par l’économie que vous sauverez la biodiversité, et c’est grâce à la biodiversité que vous sauverez l’économie”. On ne saurait être plus en phase avec un coléoptère…

EMMANUEL DELANNOY, directeur de l’institut INSPIRE, expert des relations entre le vivant et l’économie, a recueilli les paroles de l’insecte.

 

 

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