Rencontre avec les instances gouvernementales
- by Joss Blériot
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- 9 Feb 2012
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L’équipe de la Fondation a organisé, à la demande du Département britannique de l’Environnement, de l’Agriculture et des Affaires Rurales (Defra), un atelier consacré aux principes de l’économie circulaire.
Une excellente occasion pour nous d’interagir avec des représentants des instances gouvernementales britanniques (Département de l’énergie et du changement climatique, Foreign Office) mais aussi des responsables du monde économique, et d’engager un dialogue en assumant notre mission de médiation. Plutôt que de livrer ici un résumé austère de cette journée constructive, il nous semble intéressant d’isoler les réflexions et pistes de réflexion les plus saillantes ayant émergé lors des discussions – au risque de présenter un inventaire manquant quelque peu de structure.
Le problème des indicateurs économiques étant crucial lorsqu’il s’agit d’envisager un changement de modèle, le débat s’est rapidement orienté vers la questionde la législation – que mesure-t-on au juste, et comment sortir du système linéaire sans adapter les outils d’évaluation ? L’inadéquation du traditionnel PIB, soulignée notamment par les travaux de l’équipe Stiglitz – Sen – Fitoussi, est une préoccupation récurrente, et une économie qui vise le découplage ne peut voir le jour si seule la croissance est prise en compte. D’évidence, le rôle de la fiscalité est ici fondamental et il a été pour nous à la fois surprenant et encourageant d’entendre un représentant d’une importante entreprise de distribution “féliciter le gouvernement pour son courage en matière de taxation des déchets (‘landfill tax’)”.
En corollaire à ces considérations, la question de l’investissement a été posée et comme l’a noté un membre de Defra, “un des problèmes majeurs c’est que l’on confond aujourd’hui investissement et simple commerce. La notion de long terme a disparu, et dans ce contexte tout effort de construction, de transition véritable, est presque impossible.” Un souci d’autant plus pressant pour une économie comme celle du Royaume-Uni, qui dépend massivement de son système financier… Une autre voix issue des instances gouvernementales a pour sa part fait remarquer que des pans entiers de l’épargne des particuliers (notamment les retraites) étaient à l’heure actuelle liés aux secteurs primaires du modèle linéaire – extraction minière, énergie fossile… – ce qui n’irait pas sans poser quelques questions lors d’un passge vers un modèle circulaire.
Ce diagramme explore l'impact potentiel de l'économie circulaire sur l'emploi, par secteurs.
© Ellen MacArthur Foundation
De fait, et sans entrer pour l’heure dans un débat relatif aux éventuels conflits d’intérêts, les travaux que nous avons menés avec le cabinet McKinsey identifient un impact de l’économie circulaire sur les secteurs primaires et par conséquent un virage à négocier. Une partie de la solution viendrait-elle d’une reconversion possible de ces industries, puisque la gestion des flux de matériaux requiert des compétences spécifiques ? A ce titre, l’exemple de l’entreprise néerlandaise Van Gansewinkel, qui a récemment changé son appellation, passant d’un rôle de “gestionnaire de déchets” à celui de “gestionnaire de matériaux”, et adapté son portefeuille de compétences à ce nouveau contexte, est éloquent.
Il n’est bien sûr pas question de prétendre que toutes les solutions ont d’ores et déjà été trouvées et que la transition ne sera qu’une formalité, mais il nous semble fondamental d’effectuer un travail d’identification des obstacles, de façon à agir de manière ciblée. La discussion continue, n’hésitez pas à poster vos commentaires ou questions ci-dessous.
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