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La Fondation invitée du World Forum Lille

  • by Joss Blériot
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  • 21 Nov 2011
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Suite à notre passage lors de l’édition 2010 – et surtout à la forte impression laissée par le discours de clôture prononcé par Ellen MacArthur – les organisateurs du World Responsible Economy Forum (Lille) nous ont fait l’honneur de convier la Fondation une seconde fois.

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L’objectif pour 2011 était d’approfondir la vision présentée par Ellen l’an passé, grâce à l’organisation d’un “atelier économie circulaire” faisant intervenir deux acteurs du monde de l’entreprise afin d’apporter un point de vue concret ainsi qu’un angle “étude de cas”. L’économie circulaire étant sous-tendue par une approche systémique, il semblait important d’examiner le marché des produits de consommation mais également d’aborder la problématique de l’énergie et de l’infrastructure. Les organisateurs souhaitant par ailleurs que notre panel soit composé, autant que possible, d’une jeune entreprise et d’une structure internationale, nous avons impliqué la petite marque de vêtements Rapanui et le leader mondial des éoliennes Vestas.

Rapanui, fondée par les frères Rob et Mart Drake Knight (moins de 50 ans à eux deux…), emploie 8 personnes sur l’île de Wight et a déjà reçu une foule de récompenses grâce à une politique très stricte en matière d’approvisionnement. Les usines qui fabriquent leurs vêtement tournent exclusivement aux énergies renouvelables et garantissent de bonnes conditions de travail à leurs employés – chaque produit Rapanui fait l’objet d’un traçabilité totale. Comme l’expliquent les deux fondateurs, "l’idée était de partir d’un modèle positif dès le départ, en regardant tous les maillons de la chaîne et en éliminant les composés toxiques. Il fallait aussi prouver que l’on peut faire les choses bien sans compromettre le style. C’est important de sortir du cliché “chemisier en chanvre et sandales”.

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A l’autre bout du spectre, l’entreprise danoise Vestas compte environ 24 000 employés et occupe la place de numéro 1 mondial dans le secteur de l’énergie éolienne. Des rotors issus de ses usines fournissent l’électricité aux sites de production utilisés par Rapanui, et au niveau mondial les produits Vestas alimentent 21 millions de personnes – un chiffre qui continue de grimper. Il a été particulièrement intéressant d’aborder la question du potentiel offert par les renouvelables, tout en s’intéressant aux objectifs poursuivis par Vestas quant à ses propres processus de fabrication et son modèle de développement… car il est évident que se pose ici, comme pour toute industrie lourde, le problème de la récupération des matériaux en fin de vie du produit (donc de la conception en vue d’un démantèlement, et du possible passage à un modèle de location à long terme et non de vente.)

Permettant de faire le lien entre une petite entreprise familiale dotée d’un fort potentiel de croissance et un leader mondial sur le marché des énergies renouvelable, l’atelier animé par la Fondation Ellen MacArthur a tenté de donner corps au concept d’économie circulaire en insistant sur le fait qu’une transition systémique était nécessaire. Merci encore à l’équipe du World Forum Lille pour son sens de l’accueil et son professionnalisme.

Compte-rendu écrit par les étudiants de l'EDHEC Business Schools présents à l'atelier :

“Selon Jocelyn BLERIOT de la Fondation Ellen Macarthur, l’économie contemporaine est linéaire : les entreprises utilisent les matières premières, les transforment et enfin les clients utilisent le produit. Chaque étape de ce processus utilise de l’énergie et crée des déchets.
Ce modèle économique n’est plus possible de nos jours, notamment en raison de la crise et de l’augmentation du prix de l’énergie, d’où la naissance d’un nouveau paradigme.

Consommer moins, réduire son empreinte carbone, utiliser moins d’énergie sont des gestes nécessaires. Cependant, ils ne convergent pas vers une perspective économique alternative à l’économie linéaire. L’économie circulaire en est une.

L’économie circulaire réutilise à la fin de la chaîne économique les produits obsolètes, produits que les consommateurs jetteraient dans une économie linéaire classique. Ainsi les entreprises récupèrent des matières premières à moindre coût et participent au recyclage.

L’objectif est d’utiliser un maximum de matières premières d’origine biologique, dont les déchets peuvent être utilisés pour l’agriculture, et de produits techniques à haute valeur ajoutée qui peuvent être loués et réutilisés en fin de vie plutôt que vendus et jetés.

Pour conclure et exposer la légitimité de ce nouveau modèle, Jocelyn BLERIOT a cité l’auteur américain Buckminster Fuller : “You never change things by fighting the existing reality. To change something, build a new model that makes the existing model obsolete”.

Mart et Rob DRAKE-KNIGHT ont présenté leur entreprise de vente de vêtements en ligne (Rapanui) et la façon dont ils ont intégré l’économie circulaire dans leur stratégie d’entreprise. Le secteur de la mode est selon eux très bien placé pour inciter les consommateurs à adopter de bonnes pratiques environnementales. Pour sensibiliser le consommateur, Rapanui axe sa communication sur la transparence. Ainsi, le site internet de leur entreprise détaille le cycle de production, et l’étiquetage signale la « note écologique » du vêtement (à l’instar de l’étiquetage électro-ménager).
Leur prochain projet est de créer une consigne sur les vêtements vendus, afin de favoriser la ré- utilisation des matériaux.

Arturo PASQUEL a présenté rapidement l’entreprise Vestas en détaillant certains éléments de responsabilité environnementale. Vestas est la plus grosse entreprise de production d’éoliennes au monde, avec plus de 41 000 éoliennes installées dans 63 pays. Le modèle d’économie circulaire est inhérent au business modèle de Vestas, puisque 80% des composants des turbines sont des matériaux recyclables."

 

 

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