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De la culpabilité à l'optimisme

Les questions globales telles que la diminution de nos ressources naturelles ou la détérioration de l’environnement se sont frayé un chemin vers les principaux média au terme d’un assez long processus ponctué de dérapages économiques, de fluctuations des prix de l’énergie et de découvertes scientifiques alarmantes.

Graduellement, ces sujets ont quitté la sphère restreinte des quelques « éco-conscients » et nous avons peu à peu compris que nous étions tous – si vous m’autorisez une métaphore nautique – embarqués sur le même bateau affrontant une tempête qui transcende les clivages politiques, les barrières sociales ou nationales. Lorsque l’avenir est en jeu les étiquettes importent peu, et j’espère que nous sommes enfin arrivés à comprendre que tous les aspects du problème étaient liés. Bien sûr, j’ai le sentiment qu’il s’agit là d’avancées positives, cependant le niveau de conscience général reste manifestement insuffisant et mon goût pour la communication m’a conduit à réfléchir au moyen de transmettre efficacement le message au plus grand nombre.

Je ne cesse de m’étonner du degré de passion que suscite le débat, malheureusement, trop souvent il en ressort des positions rigides qui laissent généralement la majorité du public sur le bas-côté de la route. Tout est soit noir soit blanc et l’on vous situe généralement du bon ou du mauvais côté. En réalité, les choses sont, bien entendu, plus complexes et la plupart d’entre nous se retrouvent dans la zone grise, tentant de faire de notre mieux, mais évoluant toujours au cœur d’un système qui est appelé à changer. Le mot-clé c’est la « transition », et j’aimerais le voir employé plus souvent : nous devrons tous passer d’un modèle basé sur la révolution industrielle au chapitre suivant, essentiellement parce que ce modèle repose sur l’utilisation de ressources aujourd’hui menacées. Par ailleurs, tandis que je reconnais l’urgence de la situation, je ne pense pas que nous puissions balayer plus de 100 ans d’habitude et d’héritage comportemental d’un claquement de doigts, aussi malheureux que cela puisse être.

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Ce changement doit être encadré et pour qu’il advienne, tout le monde doit faire partie du voyage. On ne peut sérieusement attendre des gens qu’ils se lancent dans l’aventure s’ils ont le sentiment d’avoir été stigmatisés ou accusés « d’avoir mal agi ». Consciemment ou pas, les média ont contribué à créer une atmosphère de défiance, ce qui à mon avis est extrêmement contre-productif vis-à-vis du public. Soulever les questions globales et pointer les errements de l’industrie ou de la politique est nécessaire, mais culpabiliser les individus pour leur modes de vie n’aboutira à rien de positif. Au pire cela peut même provoquer des réactions d’opposition. Le soutien de la majorité est crucial, et trouver les moyens d’insuffler ces idées à cette majorité est une priorité absolue.

Souvent, je rencontre des gens qui se sentent découragés, généralement parce qu’ils sont convaincus que les efforts qu’ils consentent au quotidien – recyclage, réduction de leur consommation d’énergie, achat local, etc. – sont vains à l’échelle planétaire. Qui prendrait les armes à la perspective d’une bataille perdue d’avance ? Je me demande pourquoi les aspects négatifs et les visions les plus pessimistes sont celles qui prévalent le plus souvent. Alors pour envoyer un message à tous ceux qui pensent que leurs initiatives individuelles ou que leurs résolutions sont inutiles, je souhaiterais simplement exposer un fait simple et souligner que la consommation énergétique des ménages a dépassé la consommation industrielle au cours de ces 14 dernières années ! Contrairement aux idées préconçues, on est loin du schéma « David contre Goliath » tel qu’on nous le décrit. On peut toujours améliorer les choses cependant, et il échoit à tous de barrer le bateau dans la bonne direction. Le chemin s’avèrera sans nul doute long et parfois semé d’embuches, mais des progrès peuvent être réalisés si nous restons tous déterminés et si nous avons un espoir auquel se raccrocher.

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