Économie circulaire

Le modèle de développement linéaire actuel « Extraire, Fabriquer, Jeter » repose sur la consommation de matériaux et d’énergie peu chers et accessibles, mais il atteint aujourd’hui ses limites. L’économie circulaire offre une alternative intéressante et crédible que les entreprises ont déjà commencé à explorer.

Caractéristiques de l’économie circulaire

Tandis que les principes de l’économie circulaire décrivent un ensemble d’actions à mettre en œuvre, les caractéristiques décrites ci-dessous définissent les concepts fondamentaux de ce changement systémique.

Prévention des déchets

Les déchets n’existent pas lorsque les composants biologiques ou techniques d’un produit (ou les matériaux) sont destinés à entrer dans un cycle biologique ou technique et donc conçus pour être déconstruits ou réaffectés à un autre usage. Les matériaux biologiques sont non-toxiques et peuvent être compostés facilement. Les matériaux techniques (polymères, alliages et autres matériaux conçus par l’homme) sont pensés pour être utilisés à nouveau avec un minimum de dépense énergétique et le maintient de leur qualité intrinsèque (le recyclage implique, à l’inverse, une perte de qualité et alimente le cycle technique en matières premières récupérées).

​Renforcer la résilience à travers la diversité

La modularité, la versatilité, l’adaptation sont des atouts a privilégier au sein d’un monde aux contours incertains et évoluant rapidement. Les systèmes dotés de nombreuses connections et d’une variété d’échelle sont plus résilients face aux chocs extérieurs que les systèmes conçus uniquement pour l’efficacité – la maximisation des rendements poussée à l’extrême conduit à la fragilité.

​Vers l’utilisation des énergies renouvelables

Les systèmes devraient tendre vers l’utilisation généralisée des énergies renouvelables – un objectif favorisé par le niveau peu élevé d’énergie demandé par une économie circulaire restaurative. Le système de production agricole fonctionne à l’énergie solaire (système naturel) mais un montant important de carburant fossile est utilisé pour les fertilisants, les machines agricoles, les industries de transformation et pour la chaîne logistique. Des systèmes agricoles et alimentaires mieux intégrés devraient réduire les besoins en énergies fossiles et valoriser le potentiel énergétique des sous-produits et des déchets/engrais verts.

​Conception systémique

Comprendre comment les composantes individuelles s’influencent mutuellement au sein d’un tout, ainsi que les interactions de l’ensemble vers chacune des parties, est essentiel. Chaque élément est à considérer par rapport au contexte social et environnemental dans lequel il se trouve. Ceci permet d’éviter l’écueil de la sur-spécialisation, qui induit une pensée en « silos » et conduit à perdre la vision d’ensemble. Or la grande majorité des systèmes existants sont non–linéaires, réactifs et interdépendants, d’où l’importance d’une pensée capable d’en appréhender la complexité et les multiples implications. Ces systèmes ne peuvent être gérés de manière conventionnelle et requièrent davantage de flexibilité et une plus grande adaptation aux circonstances changeantes.

Fonctionner en cascade

Pour les matériaux biologiques, les applications successives, en cascade, des produits et matériaux est une source démultipliée de création de valeur. Lors de la décomposition biologique, qu’elle soit naturelle ou à travers un processus contrôlé de fermentation, les molécules sont digérées par des microorganismes tels que les bactéries ou des champignons qui tirent l’énergie et les nutriments des glucides, des lipides ou des protéines de ces matériaux. Ainsi, passer de l’arbre à l’incinération ne permet pas de tirer partie des différentes étapes de transformation de la matière avant décomposition et finalement l’incinération.